En résumé : l’assistante sociale oriente et instruit les dossiers d’aide (gratuit, service public), le DAC/la MDS coordonne les situations complexes sur un territoire (gratuit, réservé aux cas signalés comme complexes), le mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) exerce une mission juridique de représentation lorsqu’une mesure de protection a été prononcée par un juge, et le care manager (comme Saggio) assure un accompagnement privé, continu et sans limite de temps, à la demande directe de la famille. Ces quatre métiers ne se concurrencent pas : ils interviennent à des niveaux différents et, en pratique, se complètent très bien.
Le tableau comparatif
| Acteur | Statut | Financement | Périmètre | Limites |
|---|---|---|---|---|
| Assistante sociale (établissement, CCAS, Conseil départemental) | Salariée du secteur public ou associatif | Gratuit (service public) | Information, orientation, instruction des dossiers d’aide (APA, aide sociale à l’hébergement, etc.) | Portefeuille de nombreuses situations, temps dédié par dossier limité, pas de suivi individualisé au long cours |
| DAC (Dispositif d’Appui à la Coordination) / MDS | Structure publique ou associative, financée par l’ARS | Gratuit | Coordination des situations complexes : plusieurs intervenants, ruptures de parcours, articulation ville-hôpital | Intervient sur les situations qualifiées de « complexes », n’est pas un accompagnement individuel continu |
| MJPM (mandataire judiciaire à la protection des majeurs) | Professionnel habilité, désigné par un juge des contentieux de la protection | Financé selon les ressources de la personne protégée, barème national | Représentation juridique et/ou patrimoniale de la personne, dans le cadre fixé par le jugement (tutelle, curatelle…) | N’intervient que si une mesure de protection a été prononcée ; mission strictement encadrée par la loi |
| Care manager (Saggio) | Prestataire privé, statut SAP | Payant, à la charge de la famille (crédit d’impôt possible pour les prestations de services à la personne) | Accompagnement global sur mesure : démarches administratives, recherche de logement adapté, coordination des intervenants, présence dans la durée | N’exerce aucune mission juridique ni de représentation légale de la personne |
L’assistante sociale : la porte d’entrée, avec un temps forcément limité
L’assistante sociale est souvent le premier interlocuteur d’une famille confrontée à la perte d’autonomie d’un proche. Son rôle est essentiel : évaluer la situation, informer sur les droits, aider à monter les dossiers d’aide (APA, aide sociale à l’hébergement, MDPH…). Mais son temps est mécaniquement partagé entre un grand nombre de situations, et son mandat s’arrête généralement une fois le dossier déposé ou la situation stabilisée. Elle ne peut pas suivre une famille au quotidien pendant plusieurs mois, ni se déplacer visiter des résidences, ni gérer les imprévus du jour au jour.
Le DAC et la MDS : la coordination, réservée aux situations complexes
Les Dispositifs d’Appui à la Coordination (DAC, issus de la fusion des anciens MAIA, CLIC et réseaux de santé) et les Maisons Départementales de la Solidarité (MDS) interviennent pour coordonner les situations jugées complexes : plusieurs intervenants médicaux et sociaux, ruptures de parcours, hospitalisations à répétition. C’est un appui précieux, mais qui répond à des critères d’éligibilité précis et qui ne se substitue pas à un accompagnement continu et individualisé de la famille au quotidien.
Le MJPM : une mission juridique, pas un accompagnement de confort
Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs intervient uniquement lorsqu’une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice) a été prononcée par un juge des contentieux de la protection. Sa mission est de représenter et/ou d’assister la personne protégée dans les actes de la vie civile, selon un cadre légal strict. Ce n’est ni un accompagnement social au sens large, ni une aide pratique aux démarches du quotidien pour une famille qui n’est pas (ou pas encore) concernée par une mesure de protection.
Le care manager : un accompagnement privé, continu, sans limite de temps
Le care manager, comme Saggio, est un prestataire privé mandaté directement par la famille. Il ne remplace aucun des trois acteurs précédents : il prend en charge tout ce que ces dispositifs, par construction, ne peuvent pas couvrir. Cela va de la constitution des dossiers à la recherche active d’un logement adapté ou d’un établissement, en passant par la coordination des différents intervenants et une présence dans la durée, y compris pour les démarches liées à une transition du lieu de vie (inventaire, vide-maison, administratif, etc.) ou un accompagnement post-décès.
On peut le comparer à une mutuelle complémentaire : la sécurité sociale et les services publics assurent un socle de droits essentiel et gratuit, et une complémentaire vient couvrir ce que ce socle ne prend pas en charge, sans jamais s’y substituer. C’est exactement le rôle que joue Saggio aux côtés des dispositifs publics et associatifs.
« On me demande souvent pourquoi payer un service quand il existe des ressources gratuites : CCAS, DAC, associations.. Oui et heureusement, ces services sont bien disponibles. Mais mon rôle est d’intervenir là où leur mission s’arrête. J’accompagne les familles dans la durée. »
Cécile, fondatrice Saggio
Questions fréquentes
Un care manager peut-il remplacer une assistante sociale ?
Non. Le care manager intervient en complément, jamais en remplacement. Les démarches d’ouverture de droits relevant du service public (APA, aide sociale…) restent instruites par les organismes compétents ; le care manager accompagne et fluidifie ces démarches, sans se substituer à l’assistante sociale.
Faut-il orienter une famille vers un DAC ou vers un care manager ?
Cela dépend de la nature du besoin. Le DAC est pertinent pour coordonner une situation médico-sociale complexe entre plusieurs institutions. Le care manager est pertinent quand la famille a besoin d’un interlocuteur unique, disponible dans la durée, pour l’ensemble des démarches pratiques et administratives. Les deux peuvent tout à fait intervenir en parallèle.
Le care manager a-t-il un rôle juridique comme le MJPM ?
Non. Le care manager n’a aucun mandat de représentation légale. Si une mesure de protection juridique est nécessaire, elle reste du ressort exclusif du juge des contentieux de la protection et du mandataire judiciaire désigné.
Pour aller plus loin, retrouvez notre article qu’est-ce que le care management, ou consultez la page dédiée aux professionnels du médico-social. Nous abordons également pourquoi un accompagnement payant quand des aides gratuites existent dans un article dédié.